Schneider Ammann ignore de nombreux investissements faits dans la formation

Depuis aujourd'hui, les infirmières et infirmiers diplômés en Suisse ont la possibilité d'obtenir a posteriori le titre d'une haute école spécialisiée. L'ASI n'est pas du tout satisfaite avec l'ordonnance restrictive.

 

Après presque dix ans d’attente, les infirmières et infirmiers diplômés en Suisse ont enfin la possibilité d’obtenir a posteriori le titre d’une haute école spécialisée. Néanmoins, de nombreuses filières d’études postdiplômes ne sont pas reconnues. Le département DEFR du conseiller fédéral Johann Schneider Ammann ignore ainsi les investissements dans la formation de nombreux professionnels infirmiers et institutions du système de santé.

Le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) du conseiller fédéral Schneider Ammann a fait entrer en vigueur au 1er janvier 2015 l’ordonnance modifiée sur l’obtention a posteriori du titre d’une haute école spécialisée (OPT). Seule une minorité d’infirmières et infirmiers au bénéfice de certaines formations complémentaires pourront demander l’OPT. Les formulaires de demande sont en ligne depuis aujourd’hui.

L’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) déplore que cette réglementation soit si restrictive. Lors de la consultation, elle s’était prononcée en faveur d’une solution plus ouverte, tout comme plus de 1100 de ses membres, une dizaines de cantons et de nombreux employeurs.

Seuls les infirmières cliniciennes et infirmiers cliniciens II (spécialistes cliniques) sont directement qualifiés pour l’OPT. Les infirmières cliniciennes et infirmiers cliniciens I doivent prouver en plus qu’ils ont suivi un cours postgrade de niveau universitaire comprenant au moins 200 heures de cours ou 10 crédits (ECTS). 

Toutes les autres filières d’études postdiplômes, par exemple en soins intensifs, soins en anesthésie ou soins d’urgence – des formations largement reconnues - ne sont pas prises en considération, ainsi que toute une série de nouveaux DAS ou CAS d’excellente qualité. La réglementation concernant l’OPT est donc discriminatoire à l’égard des infirmières et infirmiers qui ont opté pour l’une de ces filières. Il est en outre choquant que diverses formations continues suivies par les sages-femmes ou les ergothérapeutes leur donnent accès à l’OPT et que ce ne soit pas le cas pour les infirmières.

 

Citations:

Pierre Théraulaz, président de l‘ASI:

« Depuis des décennies, et quasi avant toutes les autres professions de santé, les soins infirmiers se sont donnés les moyens de développer les compétences et les expertises de ses professionnels.  Aujourd’hui ces efforts des infirmières pour être à la hauteur des besoins de la population sont écrasés sous la pression d’éléments purement politiques, sans aucun ancrage dans la réalité du terrain. En effet, beaucoup de réponses à la consultation ayant précédé la décision du SEFRI qui provenait des milieux de la pratique (y compris de cantons) demandaient une OPT comprenant bon nombre d’autres formations, quasi comme la position ASI. Le nombre de personnes concernées ne saurait être un critère de sélection !»

Brigitte Neuhaus, responsable du Département formation de l‘ASI:

« L’ASI reçoit p.ex. des appels d’infirmières spécialisées en anesthésie qui souhaiteraient entreprendre des études au niveau master auprès d’une haute école spécialisée. Maintenant je dois leur dire que c’est possible uniquement si elles reprennent des études HES d’infirmière afin d’obtenir un bachelor – certes d'une durée légèrement raccourcie. Le DEFR les renvoie donc en quelque sorte à la case départ – et souvent à l’âge de 35 ou 40 ans. En fait, la situation est pire qu’avant l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, car de nombreuses HES avaient mis en place des solutions transitoires qui seront abolies ».

Yvonne Ribi, secrétaire générale de l‘ASI:

« Cette réglementation crée une discrimination au sein de la profession infirmière. Les infirmières sont aussi discriminées par rapport à d’autres professions de la santé. Enfin, l’ordonnance est discriminatoire d’une manière générale pour la profession infirmière, essentiellement féminine, raison pour laquelle nous allons également soumettre ce dossier au Bureau fédéral de l’égalité. Et nous nous réservons la possibilité d’entreprendre d’éventuelles démarches judiciaires ».

Video: Interview avec Brigitte Neuhaus, responable du département formation de l'ASI

A votre disposition en cas de questions:

Brigitte Neuhaus, Tél. 079 785 31 70

Pierre Théraulaz, Tél. 079 310 85 64

 

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